Georges Lacombe est un peintre et sculpteur français associé au mouvement nabi, connu pour ses œuvres mystiques et ses représentations poétiques de la nature.
Influencé par Gauguin, il allie symbolisme et spiritualité, marquant l'art post-impressionniste.
Biographie détaillée de l’artiste :
Georges Lacombe, né le 18 juin 1868 à Versailles et décédé le 29 juin 1916 à Alençon, est une figure marquante du post-impressionnisme et du courant nabi. Issu d’une famille bourgeoise aisée, Lacombe a commencé très jeune à s’intéresser aux arts, notamment grâce à une éducation riche et ouverte sur les disciplines artistiques. Il intègre l’Académie Julian à Paris, où il rencontre plusieurs artistes influents, dont les peintres nabis Paul Sérusier, Édouard Vuillard et Pierre Bonnard.
Influencé notamment par Gauguin lors de ses escapades en Bretagne, région qu’il fréquentait intensément, Lacombe s’est nourri du symbolisme et des paysages maritimes bretons pour développer un style unique et visionnaire. Proche des nabis, il est parfois surnommé « le nabi sculpteur » en raison de son intérêt autant pour la peinture que pour la sculpture. Bien que sa carrière ait été écourtée par sa mort prématurée, Lacombe a laissé un corpus d’œuvres riches en poésie et en mystère.
Œuvres célèbres :
Parmi les créations les plus illustres de Georges Lacombe figure _ »La Mer jaune »_ (1892-1893), une peinture qui illustre son attrait pour les paysages marins et son usage audacieux de couleurs vibrantes et irréelles. Dans cette œuvre, il capture une mer omniprésente, presque vivante, à travers un jeu de nuances jaunes et oranges, en contraste avec le bleu profond.
Une autre œuvre emblématique est sa sculpture _ »Le Christ aux outrages »_ (1894). Réalisée en bois sculpté, cette pièce montre un Christ dolent et stylisé, dans une esthétique proche de l’art médiéval et des arts primitifs. Georges Lacombe a également produit des marines sculptées, inspirées par la nature bretonne, notamment _ »L’âme de la forêt »_, un bas-relief saisissant mettant en avant des formes végétales stylisées et des créatures imaginaires.
La localisation actuelle de plusieurs œuvres de Lacombe se concentre dans des musées français comme le Musée d’Orsay à Paris ou le musée des beaux-arts de Quimper, mais quelques-unes restent dans des collections privées.
Style et techniques :
Georges Lacombe avait un style résolument symboliste et synthétique, caractérisé par des formes intemporelles et un sens marqué du mysticisme. En peinture, il employait des couleurs pures, plates et cernées, héritées de Paul Gauguin et du cloisonnisme. Sa palette riche et audacieuse, souvent dominée par des tons chauds, ajoutait une intensité psychologique à ses paysages.
En sculpture, il privilégiait le bois comme matériau, qu’il travaillait avec une grande virtuosité, s’inspirant à la fois de l’art médiéval et des formes empruntées au monde naturel. Il utilisait également parfois des bas-reliefs pour renforcer le caractère ornemental et narratif de son œuvre.
Courant artistique :
Georges Lacombe s’inscrit pleinement dans le courant des nabis, un mouvement artistique né à la fin du XIXe siècle, marqué par une volonté de synthétiser art symboliste et décoratif. Les nabis privilégiaient l’idée, le sentiment et l’émotion sur la réalité brute. Lacombe, en tant que « nabi sculpteur », partageait avec ce groupe une fascination pour l’art primitif, les mythologies personnelles et les paysages oniriques.
Il était également proche du symbolisme, notamment au travers d’une recherche sur l’invisible et la dimension spirituelle dans l’art, faisant écho aux idéaux de l’époque.
Importance et influence :
Bien qu’il soit parfois moins connu que d’autres nabis comme Sérusier ou Bonnard, Georges Lacombe a marqué par sa double maîtrise de la peinture et de la sculpture. Il a influencé ses contemporains en montrant qu’un langage artistique pouvait transgresser les disciplines et en s’ouvrant à une spiritualité subtile.
Des expositions comme celles organisées au Musée d’Orsay ou dans des galeries spécialisées sur le mouvement nabi mettent encore à l’honneur son œuvre, soulignant sa contribution au renouvellement des arts décoratifs à la fin du XIXe siècle.
Reconnaissance de l’œuvre :
Les créations de Georges Lacombe se distinguent par leur mélange unique de symbolisme et de spiritualité, souvent inattendu. Ses sculptures en bois sont immédiatement reconnaissables grâce à leurs lignes simples, mais oniriques, et à leur texture très travaillée. En peinture, son usage des aplats de couleurs et son cadrage audacieux reflètent un univers à la fois naturel et spirituel.
Ses thèmes récurrents – comme la mer, les forêts ou les figures mystiques – et son approche décorative font de ses œuvres des pièces immédiatement identifiables dans le panorama artistique nabi.
Critères d’estimation :
Pour déterminer la valeur des œuvres de Georges Lacombe, plusieurs critères sont à considérer : la rareté des pièces, leur état de conservation, leur provenance et leur place dans la chronologie artistique de l’artiste. Ses sculptures en bois, en particulier, atteignent souvent des prix élevés en raison de leur délicatesse et de leur emplacement clé dans l’histoire du symbolisme et du mouvement nabi. La signature, les techniques employées et la présence aux grandes expositions influencent également la valorisation de ses œuvres. Enfin, l’engouement croissant pour le post-impressionnisme et les artistes nabis continue de consolider la reconnaissance financière et artistique de Lacombe dans les milieux de l’art.